Activités ayacuchanaises
Voilà plus de deux semaines que je suis arrivé à Ayacucho et je ne vous ai toujours pas tenu informés de mes occupations dans la montagne, honte à moi, qu'à cela ne tienne, je m'en vais de ce pas réparer mon erreur.
Comme je vous l'ai déjà mentionné dans un article précédent, je travaille ici dans une autre antenne de l'association pour laquelle j'ai déjà été volontaire à Ventanilla. Le but est toujours le même, venir en aide à la jeunesse péruvienne.
Les mardis et vendredis, Adrien et moi nous rendons à Huanta, un village situé à un peu plus d'une heure de route d'Ayacucho. Les paysages qui nous entourent sur la route sont magnifiques (j'essaierai de vous mettre quelques photos mais je ne vous promets rien).
Le reste de la semaine, nous travaillons avec les enfants d'Ayacucho, en centre ville. Ceux-ci travaillent presque tous dans la rue, le plus souvent comme cireurs de chaussures ou vendeurs de produits en tout genres. Ils sont donc en général assez sales et une partie du travail consiste également à faire prendre une douche (quand on en a le temps) à ceux qui en ont le plus besoin.
Vous l'aurez compris, je ne vous en dis pas plus et vous laisse apprécier les photos:


Après deux heures d'un "intense labeur", ou d'une franche partie de rigolade si vous préférez, nous rassemblions sur le sol ce que nous apprécierons plus tard être à peu près 45 kilos d'avocats. Nos bonnes résolutions quelques peu occultées par la faim et la nécessité de se procurer des sacs pour transporter notre butin, nous nous sommes dirigés vers le marché du village. Petite anecdote au passage, une vendeuse du marché nous a demandé de lui acheter ses avocats : "comprame paltas". Elle ne se doutait pas que nous étions en possession du double d'avocats qu'elle avait sur son stand...
Bref, deux sacs solides et un déjeuner plus tard, nous ouvrions le local et cette après-midi là, après avoir fait leurs devoirs et dessiné comme d'habitude:

les enfants ont confectionné des grenouilles parachutées! Oui, c'est vrai, l'idée est quelque peu originale, voir loufoque, mais après avoir penser à leur faire faire des origamis, nous avons également pensé (oui on pense beaucoup ici) à leur faire faire des parachutes. Mais comment lester le parachute ? Avec les grenouilles bien sûr! Aussitôt dit, presque aussitôt fait, après un concours de lancer de "sapo-paracaidos" (grenouilles parachutées), laché groupé!!

Un petit jeu pour finir (épervier pour les connaisseurs) et on fermait le centre avec comme d'habitude, distribution de galettes (genre de tuc) et bonbons à la sortie.

Une fois installés dans le combi avec nos deux énormes sacs d'avocats, on croyait être au bout de nos peines, mais nous nous sommes fait arrêtés en cours de route par une patrouille de police qui cherchait de la drogue. Le Pérou est un des pays qui produit le plus de cocaïne au monde et dans la région, une grande partie de l'économime repose sur cette production. Nous étions installés à l'avant, le policier a ouvert la porte et a briévement examiné nos sacs d'avocats sans paraître étonner le moins du monde de se retrouver en face de deux étrangers sans papiers transportant 45 kilos d'avocats... On peut dire qu'on a eu de la chance! Il n'en a pas été de même pour le pauvre chauffeur qui, après maintes protestations, avait fini par accepter un passager supplémentaire sans pouvoir lui fournir de siège. Les policiers lui ont affligé une amande de 170 soles (environ 40 euros), ce qui est énorme ici. Furieux, il a fini le trajet à une vitesse faramineuse (100 km/h de moyenne), en faisant crisser les neus dans les virages. Inutile de vous dire qu'étant installés à l'avant et voyant d'un côté le flanc de la montagne et de l'autre le ravin, nous n'étions pas rassurés...
Miraculeuseument (une fois de plus), nous sommes arrivés en vie et nous avons profité de cette abondance d'avocats pour faire du guacamole (succulent, j'en ai même fait des conserves).






























