22 juin 2006

Les transports au Pérou

Cela fait une éternité que je voulais écrire quelques lignes sur les différents moyens de locomotion du Pérou, voilà qui est fait. Le sujet est assez long mais (je l'espére), tout de même intéressant. Je vous laisse donc apprécier (si vous en avez le courage vu la longueur du texte) "l'article" qui suit.
Avant d'entrer dans le vif du sujet, il est de mon devoir de vous informer que j'ai tenté d'être le plus objectif possible dans mes propos mais que mon point de vue n'est que partiel vu que je ne suis ici que depuis peu.

Tout d'abord, plaçons nous du côté du piéton.
A lima, les conducteurs ne tiennent pas compte de son existence, il doit donc être plus que prudent afin de préserver sa misérable vie dans cette environnement hostile ou règne la loi du plus fort. Il est également important de noter que malgré les sens uniques, il est toujours utile, voir indispensable, de regarder des deux côtés de la rue avant de traverser étant donné que certains chauffeurs ont la malencontreuse habitude de prendre les voies à contresens.
Explication en image, cette 2x2 voies a tendance à se transformer en 2x 1 voie vu qu'à la droite du terre-plein, il y a des ralentisseurs visant à (je vous le donne en mille) ralentir les véhicules qui descendent.
Dans le reste du pays, le piéton est élevé au rang de lapin, on daigne convenir de son existence et, si cela est possible sans freiner trop brusquement, on l'évite. Il est donc inutile de vous dire que les piétons sont plus que prudents de ce côté de l'océan. Dix jours après mon arrivée à Lima, un enfant de 14 ans est mort renversé par une voiture...

Second point de vue: le conducteur.

Vous l'aurez compris, ici règne la loi du plus fort. C'est donc tout naturellement qu'il n'existe pas de priorité à droite ou à gauche ou tout autre priorité que celle du véhicule le plus imposant. Le système a l'air de plutôt mal fonctionner puisque le premier accident que j'ai vu fut... le premier soir de mon arrivée. Je n'en ai toutefois pas vu non plus énormément depuis lors (4 ou 5), ce qui relève à peu près du miracle. Il est à noter en faveur des conducteurs péruviens que ceux-ci respectent à peu près les feux de signalisation. Toutefois, le langage des voitures est ici assez différent des voitures françaises. En effet, alors que nos voitures sont à peu près muettes et s'expriment en langage des signes (feux stop, clignotants), les autos péruviennes sont assez bavardes. Je n'ai pas encore pu déchiffrer leur langage mais cela ce résume à peu près à ceci:
lorsqu'une voiture freine, elle klaxonne, avant et pendant qu'elle tourne, elle klaxonne et lorsqu'elle sent qu'une de ses comparses s'approche de trop près, devinez la suite, et oui, elle klaxonne encore. Le tohu bohu résultant est pour le moins assourdissant!
En ce qui concerne les sens de circulation, ils sont indiqués par des panneaux présents aux coisements des rues sur lesquels, en plus du nom de la rue, une flèche indique le sens de circulation des véhicules. Il faut toutefois noter que ces panneaux sont présents à peu près une fois sur deux voir moins. J'en conclus que pour conduire ici, il faut presque connaître le plan de la ville en entier avant de prendre le volant (j'exagére un peu vu qu'en regardant le sens dans lequel les voitures roulent, on doit à peu près pouvoir se repérer). Dernière précision du côté du conducteur, pour ceux qui se poseraient la question, ici les boîtes de vitesse sont manuelles.

Les différents moyens de locomotion (hormis les voitures de particuliers):

Je me dois de vous présenter en premier lieu LE moyen de transport le plus utilisé dans les villes du Pérou, j'ai nommé la moto-taxi:
En effet, cet engin largement répandu dans les pays en voie de développement (genre Inde, ou Thaïlande par exemple), n'existe pas en France. Le principe est le même que celui d'un taxi sauf que ça coûte moins cher. Les conducteurs sont plutôt jeunes (environ 25 ans de moyenne) et se livrent à un tuning assez comique de leurs 3 roues.
Je vous laisse apprécier le sigle de la marque nous ne citerons pas :
En ville, c'est le moyen de transport le plus rapide. Le prix d'une course varie de 1 à 3 soles (entre 0.25 et 0.75 euros).

Second moyen de transport répandu en ville, le taxi. La plupart du temps, les taxis sont "colectivos", c'est à dire (vous l'aurez compris), collectifs. Ici, pour être chauffeur de taxi, rien de plus simple, il suffit d'acheter la pancarte qui se place sur le toit et de l'y apposer. Il existe également des compagnies de taxi fonctionnant à peu près comme en France. Il est bien évidemment fortement recommandé de demander le prix avant de monter, que l'on soit touriste ou non. Le prix moyen d'une course tourne aux alentours de 5 soles (un peu plus d'un euro), ce qui est cher pour un Péruvien.

Encore plus gros, le "combi", sorte de mini-bus dont le principe de fonctionnement est assez complexe. Je vais donc m'évertuer à vous l'expliquer de la manière la plus simple possible.
Le principe de base est simple, des compagnies de mini-bus assurent un certain itinéraire fixe et plus ou moins propre à chacune d'entre elles. On peut arrêter le véhicule à n'importe quelle endroit de son trajet et en descendre pareillement. Une grille de tarif est généralement apposée sur une des vitres du "combi" mais la population jugeant ces tarifs trop honéreux, ils n'ont jamais été appliqués. En cours de trajet, le "cobrador" (personne chargée de faire monter et descendre les passagers du "combi") demande aux passagers de payer.

En blanc et mauve, le sus-dit "cobrador", qui passe le plus clair de son temps la tête dehors à citer son itinéraire.
Sur cette photo, on peut voir 2 "cobradors", je vous laisse deviner (c'est pas trop difficile), réponse au prochain numéro.
Pour la petite histoire, il m'est arrivé de voyager en compagnie de 36 autres passagers dans ce type de mini-bus. C'était bien marrant mais heureusement que ce n'est pas toujours comme ça (il y en avait 6 sur le toit)!
Le chauffeur et le "cobrador" sont rémunérés en fonction du nombre de passagers qu'ils embarquent, le chauffeur gagnant un peu plus.
Tout le long du parcours, sont placés enviro
n 3 à 5 "pointeurs" qui donnent les écarts entre les différents combis d'une même compagnie afin de garder une certaine "cohérence". Pour chaque passage, le "cobrador" donne 20 centimes de sole (5 centimes d'euros) à l'informateur.
Le coût du trajet varie de 0.50 à environ 3 s
oles en fonction de la longeur du trajet parcouru.


Vu que la population est très croyante, la plupart des compagnies ont un nom religieux . Ici la compagnie Aleluya, qui ne démérite pas son nom car bien souvent, on se demande comment se fait-il que l'on termine le voyage en vie...
J'espére que les plus téméraires m'auront suivi dans mes explications tortueuses, si certains d'entre vous sont intéressés par le sujet et ont quelques questions, qu'ils n'hésitent pas à me les faire parvenir, je me ferai un plaisir de'éclairer leur lanterne.

Toujours plus gros, le bus.

Leur fonctionnement est simple, leur état plutôt vétuste. Ils suivent un trajet sur lesquel se trouvent plusieurs arrêts où l'on peut monter et descendre. On paye son trajet au chauffeur en montant dans le bus etla présence d'un "cobrador" est aléatoire. L'intérêt réside dans le fait que le trajet coûte un peu moins cher.Toutefois, il dure plus longtemps du fait de l'ancienneté des bus en question.


Le dernier moyen de transport (promis), le car.
Afin de parcourir des grandes distances au Pérou, il est nécessaire de recourir aux agences de car. En effet, le train est inexist
ant et l'avion coûte bien plus cher (je ne vous expliquerai pas le fonctionnement de celui-ci, vous le connaissez déjà).
Il existe donc différente agences qui proposent différents tarifs. Les itinéraires sont les mêmes et, comme vous pouvez vous en douter, certaines compagnies sont réputées plus sures que d'autres...
Le principe de fonctionnement est ass
ez simple, il existe des terminaux dans les principales villes du pays et les cars vont de terminal en terminal. On peut au choix, prendre son billet et partir depuis le terminal ou monter dans le bus en cours de route puisque, là aussi, il y a un "cobrador".
Terminal typique d'une compagnie sérieuse:
Il est toutefois à noter que les chauffeurs ne prennent pas toujours les gens qui se placent sur les bords des routes en raison des risques d'attaques. Pour vous donner un exemple, lorsque j'ai voyagé jusqu'à Ayacucho, le chauffeur n'a pris aucun passager de plus en cours de route.
Durant le voyage, des vendeurs ambulants montent et descendent du bus pour proposer généralement des sandwichs, des boissons, des gâteaux (maison) et des babioles en tout genre (pince à couper le fil éléctrique, baume miracle...).
Dans quasiment tous les bus, il y a des télévis
eurs qui permettent de voir des navets en tout genre (je ne savais pas que Van Damme avait tourné autant de navets!!). Le scénario est presque toujours le même, les méchants tuent la famille du héros et celui-ci se venge en tuant tous les méchants (bien fait!...).

Dernière précision, ici il n'y a bien évidemment pas de contrôle anti-pollution et presque tous les véhicules ont tendance à dégager une fumée noire derrière eux...

Photo d'une station service avec quelques véhicules pour le moins incongrus sur nos routes de France, de gauche à droite nous avons une moto-taxi, un papi péruvien, une pelleteuse, un combi (dans le fond si si) et un taxi.

4 Comments:

At 6/23/2006 8:28 PM, Anonymous petruschka said...

Coucou Jacko !
Voila on va t'écrire avec Nath
On est en plein préparatifs de départ pour nos deux semaines de vacances ou on va aller au portugal !
C'est incroyable a quel point ce que tu racontes sur le traffic et le moyens de locomotion est trés trés semblable a ce que j'ai pu voir au caire sauf que ya pas les mototaxi ...
A chaque post je suis enchanté de voir tout ce que vis de l'autre cote du globe (enfin presque).
Tu vas etre drolement decu en rentrant ...
Voile en te souhaitant tout le bonheur du monde je laisse la place au prochain.

 
At 6/23/2006 8:37 PM, Anonymous Guilhem said...

salut JacDav,

avec le code de la route, tu as choisi un sujet qui frappe fort...ça donnerait presque envie de faire de l'auto tamponneuse la bas. en partant au portugal, j'espère qu'on trouvera des automobilistes soft, enfin plutôt conformistes quoi.

bonne route à toi, et à bientôt en Europe,

Guilhem.

 
At 6/26/2006 12:55 PM, Blogger petitepauline said...

Coucou Jacques;
Un petit mot pour te féliciter d'être encore vivant avec tous les barjos en voiture du pérou!!! Finalement il faut croire que nos 09 locaux ne sont pas si terribles! Je crois que je ne pourrais pas conduire à Lima, ni marcher, ni prendre un moyen de transport en commun, ni heu.... tout quoi! Je raye donc Lima de ma liste des villes à visiter avant de mourir!
A moins que à cheval ça soit mieux, voir même en Ane tu devrais te renseigner...!
Tu ne m'as toujours pas confirmé pour les lamas.... A moins qu'ils soient tous morts écrasés sur la route, j'espère que tu as au moins croisé un représentant de l'espèce étant donné que tu étais à LIMA, la capitale des lamas!!! trop drôle!!! Bon a part ça je serai bien contente de te lire sur mon mail perso, parce que je n'ose pas te mailer sur ta boite vu que je ne sais pas si tu la consulte, donc fais moi signe comme ça je pourrais te raconter les dernières nouvelles de notre bonne vieille France!
gros bisous de moi de maman et de pierre

 
At 6/26/2006 12:56 PM, Blogger petitepauline said...

Heu désolée pour le "petit mot" ci dessus.... j'aurais du dire " roman"

 

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